mardi 14 février 2012

A l'origine du schmilblik: les subprimes. Retour en arrière.

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Comment les fluctuations de la bourse et du marché immobilier peuvent-elles être à l’origine d’un cycle économique ?

Un cycle économique est succession de phases de hausse et de baisse de l’activité économique (niveau de la croissance, de la production ou de l’emploi). 

Il existe plusieurs types de cycles décrits par différents économistes (Kondratieff, Juglar ...) ayant des causes très différentes (Schumpeter estime que l'origine des cycles est l'innovation , Keynes l'insuffisance de la demande ...) mais il apparaît que l'analyse de la conjoncture en terme de cycle réside dans la période de prospérité avant la crise. La crise purge la surchauffe de l'économie.

La bourse et le marché immobilier peuvent être à l'origine d'un cycle économique en raison de l'effet de richesse (appellé aussi effet Pigou) qui peut provoquer une surchauffe de l'économie, et par extension pour des raisons plus particulières comme nous le voyons actuellement avec la crise provoqués par les subprimes – crédits immobiliers à haut risques contractés par les américains.


L'effet de richesse est défini par «la relation entre les performances des actifs financiers et le comportement de la consommation des particuliers. (...) Cet effet traduit l'influence du patrimoine et de la sphère financière sur l'économie réelle. L'effet de richesse joue aussi dans le cas d'une baisse rapide des cours qui peut entraîner une chute de la demande et une aggravation des difficultés économiques» (Dictionnaire d'économie et de sciences sociales Hatier). Cet effet est donc vérifiable sur le marché immobilier comme sur le marché des capitaux.

Prenons l'exemple d'un particulier -ménage- qui a acquis à la fin des années 90 une maison en région parisienne. Celle ci à l'époque lui a coûté l'équivalent de 100 000 euros et il a contracté un emprunt pour financer sa maison qu'il a fait racheter entre temps en raison de la baisse des taux d'intérêts. Sa maison est estimée en 2002 à 200 000 euros. Etant donné la plus-value qu'il a réalisé , ce particulier estime qu'il n'a plus besoin d'épargner, il consomme donc ce qu'il aurait épargné – le rôle des ménage est de consommer ou d'épargner. Il n'est pas le seul a avoir réalisé une plus value, et tous les ménages dans ce cas vont consommer ce qu'ils auraient épargné. Une hausse de la consommation entraîne une hausse de la production, donc une conjoncture favorable. C'est l'effet de richesse positif.
En 2007 le marché immobilier est au plus haut et les ménages prennent conscience de la valeur de leurs biens immobiliers et décident de les vendre: il y a un phénomène de masse et l'offre est supérieure à la demande, donc les acheteurs attendent que les prix de l'immobilier baissent ( ils attendent le prix d'équilibre, où l'offre et la demande se rencontrent). Pour vendre leur bien les vendeurs sont obligés de baisser leurs prix de vente, les acheteurs potentiels continuent d'attendre que les prix baissent. La valeur des biens immobiliers diminuent, les propriétaires de ces biens épargnent pour compenser leur perte, ils ne consomment donc pas ce qu'ils épargnent, la consommation baisse, la production avec . C'est l'effet de richesse négatif. On voit ici que la crise est due à une surchauffe du marché immobilier. C'est ce que nous pouvons observer actuellement.
On assiste à un scénario similaire pour la bourse.
Si la demande de valeurs mobilières est supérieure à l'offre, leurs prix augmentent. Les détenteurs d'actions ont gagné de l'argent, ils ont fait une plus-value. Comme pour l'exemple du marché immobilier ils épargnent moins donc ils consomment plus et la production augmente. Puis un jour les actions sont au plus haut, pour récupérer leur plus-value les détenteurs d'actions vendent tous en même temps. L'offre est donc supérieure à la demande et les prix baissent, pour les mêmes raisons que sur le marché immobilier, les acheteurs attendent que les prix baissent encore pour acheter au meilleur prix, les cours chutent, les détenteurs d'actions épargnent pour compenser leurs pertes, donc consomment moins ce qui a un impact sur la consommation.
Aux Etats Unis d'Amérique, les banques ont anticipé l'effet richesse positif ce qui a été à l'origine de la crise que nous connaissons actuellement.

Les banques américaines ont prêté de l'argent à des ménages qui n'avaient pas les moyens de rembourser un crédit. Les crédits proposés étaient des crédits hypothécaires à taux variable indexés sur un taux de référence et majorés d'une prime (d'où le nom de «subprime»).
Les prix du marché immobiliers augmentaient car la demande était stimulée par ces prêts et les banques avançaient l'argument que les prix des biens immobiliers augmentant les ménages n'auraient aucun problème pour rembourser leurs crédits. Ces créances ont été transformés en actifs financiers (pour les citer ABS, RMBS, CMBS, CDO) qui ont été distribués dans le monde entier et inclus dans des fonds d'investissement.
Malheureusement avec la hausse des taux d'intérêts, les ménages les plus modestes (et nombreux) se retrouvèrent dans l'impossibilité de rembourser leur crédit. Leur biens immobiliers furent donc saisis par les banques. Puisqu'ils étaient nombreux à s'être fait saisir leur biens, l'offre de biens était supérieure à la demande, et les prix du marché immobiliers ont diminué. Les banques ont donc perdu de l'argent car elles ont revendu les maisons saisies à perte. Ces pertes ont eu un retentissement sur les actifs financiers liés aux subprimes, ceux-ci se sont dépréciés. De plus, comme les ménages américains avaient perdu une partie de la valeur de leur biens immobiliers et de leur valeurs mobilières, ils ont cessé de consommer pour épargner. Elles ont préféré vendre leurs valeurs mobilières plutôt que de continuer à perdre de l'argent. S'en est ensuit une crise de confiance mondiale car les banques n'étaient plus solvables et rencontrèrent des difficultés financières à leur tour. De plus cette crise a induit un effet de richesse négatif car les actionnaires vendent leur titres et ceux ci perdent de leur valeur.

Or la monnaie est basée sur la confiance. Les banques centrales ont injectés sans succès des liquidités dans le marché interbancaire pour reconstituer les liquidités des banques. 

La crise actuelle qui a pour origine la crise des subprimes avait tout d'abord été compensé par une politique monétaire pour éviter le credit crunch (lorsque les banques cessent de prêter) et par une politique budgétaire de type keynésienne destinée à relancer la consommation des ménages.

Nous assistons à un revirement de situation car la BCE a été créé sans anticiper le type de crise rencontrée actuellement et la seule politique budgétaire qu'elle autorise aux états membres est celle de la rigueur. Par conséquent elle a obligé la France à avorter sa politique de relance, trop onéreuse, et pas assez efficace. 
Désormais la rigueur imposée par la zone euro et les agences de notations nous contraint à réduire notre train de vie et la nouvelle stratégie étatique consiste à vouloir relancer la compétitivité des entreprises, en réduisant le coût du travail mais en augmentant la TVA sociale. Gageons que cela puisse fonctionner. 

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